Rapport sur le Benchmarking des Mini-Réseaux Africains lancé   

          De nouvelles données confirment que les mini-réseaux électriques distribués constituent la solution la plus fiable et la plus abordable pour les gouvernements africains visant une électrification rurale efficace ainsi qu’une amélioration des moyens de subsistance, cependant des approbations très longues et imprévisibles freinent la croissance

Nairobi 13 Août 2020 — Aujourd’hui, l’Association des Développeurs des Mini-réseaux en Afrique (AMDA), un groupe commercial régional représentant les développeurs et les opérateurs de production de l’ énergie distribuée, a publié son rapport phare intitulé Benchmarking Africa’s Minigrids”, qui pour la première fois mesure les performances du secteur grâce à une collecte complète de données dans 12 pays et 28 entreprises, englobant les leaders du marché et les nouveaux entrants. Le rapport a confirmé le rôle crucial des mini-réseaux pour garantir la distribution d’une électricité abordable, propre et fiable à tous les Africains, et a mis en évidence les obstacles à une croissance accélérée tout en soulignant les moyens de les surmonter.

Le rapport, élaboré en collaboration avec Economic Consulting Associates (ECA) et Odyssey Energy Solutions, couvre une période de dix ans et se concentre sur des paramètres importants tels que les coûts d’installation et d’exploitation, le financement, la qualité du service et les délais d’approbation réglementaire. Il fournit une méthodologie et une transparence jusqu’alors absentes pour suivre l’évolution rapide du secteur des mini-réseaux. 

Les constats majeurs ainsi que les recommandations comprennent entre autre :

  • Les mini-réseaux sont plus performants que les services publics de distribution d’électricité en termes de prix : avec une moyenne de coûts installés de 733 $ par connexion, les mini-réseaux sont nettement moins chers dans les zones rurales que les services de distribution d’électricité nationaux, dont le coût le plus bas est de 1 500 $ par connexion mais sont souvent plus coûteux de plusieurs milliers de dollars. Cela signifie que les mini-réseaux permettent aux gouvernements d’économiser de l’argent qui pourrait être utilisé dans d’autres projets de soutien aux communautés ou pour faire baisser le prix du kilowattheure pour les consommateurs. Recommandation : soutenir de manière ciblée les mini-réseaux à travers les politiques et les budgets en matière d’énergie au niveau national.
  • Les coûts d’installation ont chuté de plus de 60 % depuis 2015 : le secteur est en pleine maturation, avec des coûts d’exploitation, d’installation et d’investissement diminuant en fonction de l’échelle. Recommandation : Accroître le soutien public au secteur privé afin de réduire davantage les coûts des mini-réseaux et d’accélérer les investissements privés dans les mini-réseaux pour l’accès à l’énergie.
  • Meilleur service que le réseau central: le niveau de service du mini-réseau est en moyenne de 99,1 % à partir de la source de production. Ce pourcentage est beaucoup plus élevé que celui des services publics, qui n’est que de 72 % en Zambie, à titre d’exemple. Recommandation: intégrer pleinement la qualité du service en tant qu’indicateur dans la planification nationale de l’électrification, et optimiser les mini-réseaux pour garantir aux communautés rurales un approvisionnement en électricité fiable et de qualité.
  • Les réglementations freinent la croissance du secteur: les réglementations relatives au secteur de l’énergie ont historiquement été conçues pour un petit nombre de grands projets, et non pour un grand nombre de petits projets tels que les mini-réseaux. Il en résulte des délais d’approbation de plus de 52 semaines par site en moyenne pour les mini-réseaux, période qui, si elle reste inchangée, ne permettra pas à l’Afrique de parvenir à un accès universel à l’énergie dans des délais acceptables. Recommandation: numériser, moderniser et rationaliser autrement la conformité réglementaire et les permis en recourant aux technologies du 21ème siècle de manière à faciliter l’approbation massive des projets de mini-réseaux dans des délais plus courts.
  • Les revenus par client restent faibles: tout comme les efforts historiques d’électrification rurale au niveau mondial et l’électrification rurale par les services publics nationaux en Afrique aujourd’hui, les revenus moyens par utilisateur du mini-réseau (ARPU) restent faibles, avec une moyenne de moins de 5 $ pour toutes les catégories de clients sur le continent, y compris les ménages et les petites entreprises. Recommandation : redoubler d’efforts pour responsabiliser économiquement les clients des mini-réseaux et pour accroître la demande en se concentrant sur les applications d’utilisation productive. 
  • Le financement public est essentiel pour le déblocage de capitaux privés : le rapport montre que l’accès au financement concessionnel est directement lié à l’augmentation de l’accès à des capitaux privés supplémentaires pour les développeurs de mini-réseaux, et à l’augmentation du nombre de connexions. Un soutien public continu est essentiel pour permettre au secteur de prendre de l’ampleur. Recommandation : augmenter considérablement la taille, la fiabilité et la portée géographique du soutien financier public en vue de faire progresser le secteur à travers l’Afrique, et non pas dans certains pays comme c’est le cas actuellement.

“Le secteur des mini-réseaux en Afrique est au seuil d’une phase d’expansion, ce qui veut dire que le commencement d’un éventuel moment de transformation pour les communautés rurales africaines est imminent – si des solutions financières, commerciales et politiques équitables et efficaces sont mises en place pour que le secteur continue sur sa trajectoire actuelle”, a déclaré Aaron Léopold, PDG d’ AMDA. “Il est maintenant plus clair que jamais que le secteur est en train de mûrir, avec des coûts qui baissent et des services qui s’améliorent à mesure que les investissements augmentent. Il est donc fondamental que les développeurs, les bailleurs de fonds et les gouvernements nationaux travaillent ensemble afin de poursuivre l’expansion du secteur des mini-réseaux, tout en offrant aux clients la possibilité d’augmenter l’utilisation productive de l’énergie susceptible d’apporter des avantages économiques aux communautés rurales. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons établir un environnement opérationnel financièrement viable et durable pour les entreprises des mini-réseaux”.

Le rapport d’AMDA sera mis à jour régulièrement, en fournissant des données de haute qualité aux décideurs issus du gouvernement et du secteur financier afin d’élaborer des plans plus informés et plus efficaces visant à réaliser l’électrification universelle, à stimuler la croissance économique et à renforcer les services de santé et d’éducation en milieu rural.

Les développeurs opérant dans les pays suivants ont participé au rapport inaugural de benchmarking :  Bénin, Cameroun, République Démocratique du Congo, Kenya, Madagascar, Mali, Mauritanie, Nigeria, Sierra Leone, Tanzanie, Togo and Zambie.

Le rapport complet peut être téléchargé ici

Contacts: communications@africamda.org ou  engororano@africamda.org 

A propos de l’Association des Développeurs des Mini-réseaux en Afrique (AMDA)

AMDA est une association industrielle créée par des développeurs et des opérateurs des mini-réseaux issus du secteur privé, des bailleurs de fonds et des investisseurs désireux de contribuer à l’amélioration des conditions de marché pour les entreprises des mini-réseaux. Ceci inclut l’amélioration des politiques, des réglementations et des investissements visant à mettre fin à la pauvreté énergétique d’ici 2030 dans le cadre des objectifs de développement durable. Aujourd’hui, AMDA représente plus de 30 entreprises, opérant des mini-réseaux dans 12 pays d’ Afrique. Pour en savoir plus, rendez-vous sur africamda.org et suivez-nous sur Twitter et LinkedIn.